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Dans l'atelier de Filon9 : dessiner une mine en pixels

Par Équipe LiveGotchiPublié le 5 min de lectureEnglish

Filon9 est l'un des dix pseudonymes sous lesquels LiveGotchi a dessiné la collection de lancement : ce n'est pas un artiste indépendant, c'est un atelier et sa ligne. Son thème est le bac à sable minier — creuser, la matière, la profondeur — et il tient huit créations : cinq créatures et trois décors. Ce qui rend ses notes d'atelier intéressantes, ce n'est pas ce qu'il dessine, c'est la liste de ce qu'il refuse de dessiner.

Un pseudonyme, pas un artiste indépendant

Les dix créateurs de l'annuaire qui forment la collection de lancement sont des pseudonymes sous lesquels LiveGotchi a dessiné : ce ne sont pas des personnes, et aucun d'eux ne parle en son nom. Chaque pseudonyme porte un thème et une ligne, écrits en tête de son fichier de travail sous forme de notes d'atelier. Les extraits cités plus bas viennent de là, et de nulle part ailleurs.

L'intérêt de ces notes, pour un créateur qui débute sur LiveGotchi, est qu'elles montrent le travail fait avant le premier pixel : choisir un thème assez large pour tenir huit créations, et assez étroit pour ne ressembler à aucun voisin.

La géologie, et pas le donjon

Deux autres pseudonymes travaillent la pierre : l'un tient le donjon, l'autre le manoir nocturne. Filon9 devait donc se distinguer d'eux sans changer de matière. Ses notes tranchent par l'usage plutôt que par la couleur :

« La lampe n'est pas une torche de couloir, c'est un outil de travail »

Rien n'est bâti, rien n'est hanté : c'est du travail au fond. Le sol n'est pas dallé, il est taillé au pic. La chauve-souris ne descend pas de la lune, elle décroche d'un plafond de grotte. La même règle court sur les huit créations, et c'est elle qui fait qu'on reconnaît un Filon9 sans lire la signature.

Gloub, la gelée d'argile de Filon9 : l'œuf, la première étape en couleur et son évolution en silhouette

Gloub, de Filon9 — une flaque d'argile ambrée, plus large que haute, avec du gravier avalé qu'on voit à travers. Seize pixels de côté, deux étapes, environ treize heures d'antenne estimées : la créature des premières heures.

La ligne qu'il ne franchit pas

Le thème est un terrain glissant : un bac à sable minier évoque immédiatement des jeux existants. Les notes d'atelier posent donc un test, passé sur chaque planche :

« le nom retiré, un juriste pourrait-il nommer le jeu ? »

Deux gardes sont nommées explicitement, pour qu'on puisse les vérifier au dessin : aucun grand œil volant qui vient la nuit, et aucun bonhomme-gelée bleu à visage. À la place, une chauve-souris de grotte — quadrupède replié, deux yeux, de grandes oreilles en feuille — et une flaque d'argile qui ne rebondit pas comme un personnage mais retombe comme une matière.

C'est la même exigence que la Méthode de création demande à tout créateur : on vise le genre, jamais l'œuvre. Un genre appartient à tout le monde ; une silhouette appartient à quelqu'un.

Gemmor, le bloc de gangue de Filon9 : l'œuf, la première étape et les évolutions en silhouettes

Gemmor, de Filon9 — un bloc de gangue sur pattes courtes d'où pousse un bouquet de prismes inégaux. Soixante-quatre pixels de côté, cinq étapes, environ soixante-deux heures d'antenne estimées, et une fourche au minerai : le cuivre aux lames plates, ou l'améthyste aux aiguilles hautes.

Les noms, fabriqués de cinq façons différentes

La partie la plus inattendue des notes concerne les noms. Le défaut qu'elles visent n'est pas le mauvais nom, c'est le procédé répété :

« pris un par un les noms passent, lus à la suite ils trahissent la machine »

Les cinq créatures sont donc nommées de cinq manières distinctes : une onomatopée (Gloub, le bruit d'une masse molle qui retombe), un mot de métier français pris tel quel (Porion, le chef d'équipe au fond d'une mine), une apocope (Chiro, de chiroptère, coupé net), un mot-valise court (Gemmor, gemme et or) et un mot savant de géologie (Karst, qui désigne la grotte elle-même).

Les trois décors tiennent un registre à part, volontairement : trois objets français concrets qu'on reconnaît sans la fiche — Quinquet, Gravats, Paroi. Et aucun des huit noms ne rejoue un nom déjà porté par une créature du registre de base.

Quinquet, la lampe de mine de Filon9, posée sur sa scène

Quinquet, de Filon9 — une lampe de mine pendue à son bois, plantée dans un tas de déblais où affleure la veine. C'est un décor qui réagit : quand le chat parle vite, la flamme monte du simple au triple et les cristaux du tas s'allument l'un après l'autre.

Ce que les huit créations couvrent

Filon9 a choisi de faire moins de créations et de les faire plus profondes : la place gagnée sur le nombre est partie dans les branches, les émotions et les pouvoirs.

  • Cinq créatures, de la plus simple à la plus travaillée : Gloub à deux étapes, Porion le mineur à la lampe, Chiro la chauve-souris de grotte, Gemmor le cristal qui marche, et Karst le gardien qu'on réveille en creusant trop bas — huit étapes, et vingt-trois clés de réaction au chat.
  • Trois décors qui forment une scène complète : un élément qui réagit, un sol taillé au pic, et un papier peint de paroi de caverne assez transparent pour laisser voir la créature.

Une série supplémentaire, Musique, est en préparation dans l'atelier sur le même thème — la techno vue comme de l'outillage qui s'est mis à jouer. Elle n'est pas encore publiée : rien n'en est visible dans l'annuaire à ce jour.

Questions fréquentes

Filon9 est-il une vraie personne ?

Non. C'est l'un des dix pseudonymes sous lesquels LiveGotchi a dessiné la collection de lancement. Les créateurs indépendants, eux, rejoignent la plateforme par la page créateurs et publient sous leur propre nom.

D'où viennent les citations de cet article ?

Des notes d'atelier écrites en tête du fichier de travail de Filon9, dans le dépôt de LiveGotchi. Ce sont des notes d'intention destinées au dessin, pas des déclarations publiques, et elles sont citées telles quelles.

Peut-on s'inspirer d'un jeu existant pour sa propre collection ?

On peut viser le genre, jamais l'œuvre : un bac à sable minier, un donjon, un manoir appartiennent à tout le monde ; le monstre, le personnage ou la silhouette d'un jeu précis appartiennent à quelqu'un. La Méthode de création détaille où passe la limite.

Combien de créations faut-il pour tenir un thème ?

Il n'y a pas de nombre juste. Filon9 en tient huit et a mis la place gagnée dans la profondeur des arbres ; d'autres pseudonymes de la collection en publient une quinzaine, plus courtes. Les deux se lisent dans l'annuaire.

Dessinez votre propre univers en pixels.

La Méthode de création dit comment tenir une ligne sur une collection entière, planche après planche.

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